parce-que-si-elles-sont-mises-entre-parentheses-dautres-crises-nous-attendent-apres-celle-ci.

"Parce que si elles sont mises entre parenthèses, d'autres crises nous attendent après celle-ci."

Cette citation de l’artiste Jean Bonichon précédant son portrait avec des lunettes de chantier transformées pour simuler la montée des eaux, est une introduction décalée mais pertinente à notre article et au sujet abordé dans la résidence ARRISKUA sur les risques naturels liés à l’eau.

| 28 Avril 2020

Cette résidence a pris fin le mois de mars en subissant les événements extérieurs, entraînant la suspension de l’exposition de fin de résidence "Au fil de l’eau.", qui aurait dû être visible à partir du mois d’avril à la maison de la corniche Asporotsttipi.

Retour sur la résidence

Entre décembre 2019 et fin mars 2020, Jean Bonichon et Sylvie Paradis ont développé un projet de résidence art et science en s’appuyant sur la réalité du territoire du bassin de la Bidassoa et en s’interrogeant sur les questions liées aux changements climatiques dont la montée des eaux. Portée d’une part sur l’implication et la participation des jeunes lycéens et d’autre part sur la création personnelle d’œuvres et de production d’écrits, la résidence s’est déroulée dans le contexte d’ARRISKUA le projet de prévention et de gestion des risques sur le littoral basque 2019/ 2020. Soutenu dans le cadre du FEDER FSE 2014 – 2020 de la région Nouvelle-Aquitaine, cette résidence est une des actions portées par le CPIE Littoral basque pour renforcer la culture du risque en encourageant la résilience au sein des communautés locales.

https://europe-en-nouvelle-aquitaine.eu/fr/projets-soutenus/arriskua-le-programme-de-prevention-et-de-gestion-des-risques-sur-le-littoral#

En décembre 2019 -Un premier contact avec le territoire

Une première période a servi à se familiariser avec l’environnement et ses spécificités et à mieux connaître les enjeux locaux. En début de la résidence, le binôme a rencontré un certain nombre d’acteurs: agriculteurs, élus, bénévoles et salariés du CPIE Littoral basque, employés de la mairie, pompiers, usagers du port, leur permettant de dresser un portrait du territoire et d’enclencher un processus de recherche pour la création d’actions performatives et la mise en place d’une méthode pédagogique pour les interventions scolaires.

Le binôme a porté un intérêt particulier à la question de la capacité de résilience de notre territoire: la capacité de relever les enjeux contemporains, faire face ou faire avec les changements climatiques, les variations des niveaux d’eau, le phénomène de la submersion marine; il s’est intéressé aux visions et scénarios d’un futur possible ou l’humain accepte, ou pas, les conséquences et les traces laissées.

Janvier/février 2020 - Un travail avec la population et des étudiants d’un lycée agricole.

La seconde phase a été dédiée aux recherches et démarches administratives, mises en relation, demandes d’autorisations diverses, et premières expériences artistiques pour Jean Bonichon. De son côté, Sylvie Paradis récoltait via des "micros trottoirs" ou "micros chemins", des témoignages de passants et d’usagers du Domaine d’Abbadia et des habitants de la commune d’Hendaye. Parallèlement, la préparation aux interventions auprès des lycéens du lycée agricole Saint Christophe de Saint-Pée-sur-Nivelle a été mise au point avec la création d’outils, de cartes, etc.

Entre janvier et février, les élèves sont venus à plusieurs reprises au Domaine d’Abbadia, pour réfléchir avec Sylvie Paradis et en petits groupes,sur l’impact du changement climatique et ses conséquences sur l’environnement et les activités humaines. Sylvie Paradis a proposé une méthode pédagogique active qui a permis l’écriture de cinq scénarios prospectifs différents-Hendaye 2050 – où chaque récit a été construit à partir de tendances lourdes et des variables imposées.

Dans un deuxième temps et en se basant sur les récits produits, Jean Bonichon a guidé les élèves dans la réalisation d’affiches type "signalisation, panneaux entreprise" en utilisant la technique du pochoir et un cadre strict de réalisation. Des réflexions communes ont permis de trouver des slogans forts et adéquats pour chaque affiche. Les séances ont été clôturées par un après-midi de présentation publique à la maison de la corniche Asporotsttipi où les élèves ont eu l’occasion d’expliquer leur choix de scénario et de débattre ensemble.

Février/mars 2020 – Un travail artistique en phase avec le territoire

A travers ces actions décalées et humoristiques, Jean Bonichon nous parle de ce monde en changement et des problématiques liées à la montée des eaux. Derrière une certaine "folie artistique" se cache une organisation cadrée et des idées judicieuses pour réaliser au mieux les dispositifs nécessaires aux performances, le plus souvent très physiques et réalisées par lui-même.

Jean Bonichon fait aussi partie de ces artistes qui aiment le contact avec la population.Grâce à son enthousiasme contagieux, il arrive à motiver et impliquer un bon nombre de personnes dans ces projets. En s’appuyant sur des savoirs-faires et conseils de professionnels qui, le suivent et aident dans la réalisation des actions, l’artiste arrive à des réalisations complexes qui demandent parfois une logistique conséquente.

Comme dans le cas de la vidéo boga boga, où un radeau déguisé en maison basque descend la rivière de la Bidassoa pour s’échouer au largeet d’une photographie d’un groupe de pompiers hendayais, qui se prête au jeu dans un moment de repli, la participation des acteurs du territoire joue un rôle important dans les actions de l’artiste. Cette volonté de travailler avec la population locale témoigne aussi de l’intérêt que porte l’artiste au territoire qu’il habite, même si ce n’est que le temps d’une résidence.

Plusieurs actions performatives ont eu lieu et ont été filmées ou photographiées. Certaines pièces sont en cours de production, d’autres ont déjà été produites, comme un fromage en forme de flysch, élaborés avec le berger du Domaine d’Abbadia, conçu avec un moule créé par l’artiste. Cette pièce sera intégrée à l’exposition et symbolisera l’érosion de la côte. L’idée subtile d’un acte physique et de la dégradation de ce morceau de flysch par l’arrachage ou le coupage de morceaux de fromage lors du vernissage….

Parallèlement Sylvie Paradis a fait un travail de terrain en récoltant des supports à l’écriture de son article et à dresser un portrait sensible du territoire face aux changements climatiques. Ainsi la chercheure a pu produire une carte du territoire basée sur une méthodologie pédagogique, outil participatif complémentaire pour l’exposition qui replace le spectateur dans la position du "spect-acteur".

Ce qu’il restera à faire si la situation revient à la normale

Le travail artistique créé par Jean Bonichon sera exposé à côté d’une sélection d’affiches et de scénarios réalisés par les élèves, un texte explicatif de la méthode pédagogique employée et une carte participative du territoire élaborée par Sylvie Paradis permettant au public d’interagir sur cette thématique. Dans un deuxième temps, cette résidence sera clôturée par une édition en trois parties témoignant de la rencontre entre l’art et la science sur cette thématique spécifique.


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Nekatoenea

Nekatoenea, Résidence d'Artistes
Domaine d'Abbadia - 64700 HENDAYE-HENDAIA

DRACDDCS 64Nouvelle-Aquitaine

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